Affichage des articles dont le libellé est égocentrisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est égocentrisme. Afficher tous les articles

mardi 15 décembre 2009

Désensibilisation

Ce jour, je m'en suis retournée à mon ancien collège, et j'ai compris ; malgré tout ce que j'y ai vécu, toute une partie de moi y a laissé ses empreintes. Peu importe alors qu'il s'agisse de ce côté de moi que j'exècre plus que tout, cela ne change rien, j'ai senti la nostalgie m'écraser l'âme, me tenailler le cœur, et plus encore quand j'ai entrevu ce qui s'approchait le plus d'un ami à l'époque de ma troisième. Nous nous sommes observés, j'ai eu la satisfaction de le voir grandi. Instant de bonheur de courte durée, car, détaillant son regard, je vis qu'il était vide, et cette idée m'a traversée comme le vent du dehors transperce les manteaux d'hiver : il ne m'a pas reconnue. Bien plus que la foule, le temps nous sépare, a creusé tout un fossé entre moi et ce passé que j'ai révolu par un prologue : ces six pages qui ont suffit à me faire inscrire ailleurs... et à changer si radicalement.

Je me suis imposé un masque de fards et de poudre, ne laissant en aucun cas l'occasion aux autres d'entrevoir quoi que ce soit de moi. Eux, si honnêtes avec moi, je vais jusqu'à contrefaire mes tics, mes mimiques, mes mots. J'ai cessé d'exploser par à coups pour me répandre. Je suis devenue tout le monde, sauf moi.

Pour sûr, tous aiment cette image, l'adulent et s'y attachent, mais ce n'est pas moi que ces autres aiment, c'est ce que j'en ai fait.

La personnalité est quelque chose
de précieux que j'ai outragé : bien
hélas, je ne m'en suis aperçue qu'à
l'instant.Il est trop tard maintenant
pour faire marche arrière : je me
dois d'assumer les conséquences de
mes actes, aussi pénible cela soit-il.

dimanche 5 juillet 2009

Matin d'été

«Hé, moi, là ! Réveille-moi !»
Le réveil n'a pas sonné, l'aube ne semble pas vouloir poindre. Néanmoins, je sais que je dois me lever ; ainsi sont faits mes matins. Ma scoliose n'est douloureuse qu'à l'éveil : elle agit sur moi avec une douce violence, à l'instar de n'importe quel bip bip strident rejeté par un réveil.
Et chaque matin débute de cette même manière. La suite va au gré de mes discussions entre moi et moi : oui, j'avoue être la seule debout à cette heure matinale.
«J'aimerai bien cette fois, pour le petit déjeuner, que je ne choisisse pas les céréales...
- Dommage pour moi, je pense que ce sera le seul paquet à porté de bras.
- Pour ma gouverne, les fruits sont dans la coupe, là, sur le buffet, je vois ?
- Bof, ils me donne envie, à moi ? Je vois bien que les bananes ne sont pas mûres.
- Oui, oui, je me le suis déjà dit hier, je me souvient ?
- Prépare mon matériel à dessin, au cas où.
- Compterais-je passer mon temps avec ma sœur et moi, à dessiner ?
- Je connais la réponse. Je n'en ai jamais assez de m'interroger sur des faits si certains.
- À moins de me faire enlever par je ne sais quel fou, ma vie sera aussi morose à ces instants qu'elle l'est d'habitude.
- Je le crains.»
Puis je clos la discussion en sortant une compote de pommes du réfrigérateur, à mon grand dam. Mais qu'importe.
Il m'arrive parfois, malencontreusement, d'oublier que je suis moi et moi, moi. Alors, je ne suis que ce que je suis, sans vraiment l'être ou le suivre. Mon ego devient alter, je le refais, le ressent et le personnifie en dehors de mon moi «non-altéré».
Je fini par être autrui.